4 Femmes Scientifiques Oubliées de notre Histoire

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4 Femmes Scientifiques Oubliées de notre Histoire

Notre histoire regorge de découvertes scientifiques incroyables et de noms célèbres : Einstein, Nobel, Newton, Pasteur…

Mais, comme dirait l’autre, où sont les femmes ? Un grand nombre d’avancées sont l’œuvre de femmes, malheureusement des femmes scientifiques oubliées ou écartées. Rétablissons donc la vérité sur ces découvertes et leurs auteures.

Lise Meitner, ou la découverte de la fission nucléaire

Lise meitner femme scientifique

 

Née en Autriche, en 1878, Lise Meitner est la troisième de huit enfants. Elle entre à l'Université de Vienne en 1901, et avec Ludwig Boltzmann comme professeur, elle comprend rapidement que la physique est sa vocation.

Son doctorat en poche, elle se rend à Berlin en 1907 pour étudier avec Max Planck. Elle commence à travailler avec un chimiste, Otto Hahn, qui s'occupe de la physique et de la chimie des substances radioactives. La collaboration s'est poursuivie pendant 30 ans, chacun dirigeant une section de l'Institut Kaiser Wilhelm de chimie de Berlin. Ensemble et indépendamment, ils ont obtenu des résultats importants dans le domaine de la physique nucléaire.

En 1938, Lise Meitner découvre que la fission nucléaire peut produire d'énormes quantités d'énergie.

Elle fait cette découverte en Suède, après s'être échappée quelques mois plus tôt de l'Allemagne nazie.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle est acclamée comme la mère de la bombe atomique. En fait, elle désapprouvait à la fois les acclamations et la bombe et estimait que l'énergie nucléaire ne devait être utilisée qu'à des fins pacifiques.

En 1945, l'Académie royale suédoise des sciences décernait le prix Nobel de chimie à Otto Hahn pour la découverte de la fission nucléaire, en oubliant la physicienne Lise Meitner.

 

Rosalind Elsie Franklin, et sa contribution cruciale à la découverte de la structure en double hélice de l'ADN

Rosalind franklin découvre l'adn

 

Rosalind Franklin est née en 1920 à Londres. À 18 ans, elle s'inscrit au Newnham Women's College de l'Université de Cambridge, où elle étudie la physique et la chimie. Après Cambridge, elle travaille pour la British Coal Utilization Research Association où son travail sur la porosité du charbon devient sa thèse de doctorat.

En 1946, elle s'installe à Paris. Elle perfectionne ses compétences en cristallographie aux rayons X, qui deviendra l'œuvre de sa vie. Bien qu'elle aime la liberté et le style de vie parisien, elle revient après quatre ans à Londres au King's College.

Rosalind est une femme passionnée et travaille dur.

C’est une scientifique brillante et une femme de cœur. Mais elle montre un caractère obstiné, et certains de ses collègues scientifiques trouvent qu’il est difficile de travailler avec elle.

Parmi eux se trouve Maurice Wilkins, l'homme avec qui elle doit collaborer sur la structure de l’ADN. Mais leurs conflits les amènent à s’isoler. Alors que cela convient à Rosalind, Wilkins part à la recherche de compagnie au laboratoire "Cavendish" à Cambridge où son ami Francis Crick travaille avec James Watson sur la construction d'un modèle de la molécule d'ADN.

A l’insu de Rosalind, Watson et Crick ont accès à ses résultats de recherche par l’intermédiaire de Wilkins. Ils obtiennent des clichés d’ADN obtenus par diffraction des rayons X, notamment le « cliché 51 », qui s’avère déterminant dans la découverte de la structure à double hélice de l’ADN par James Dewey Watson et Francis Crick en 1953.

Ils obtiennent ainsi le prix Nobel en 1962 grâce à cette découverte, sans jamais citer ni reconnaitre le rôle de Rosalind Franklin.

Au cours des années suivantes, Rosalind réalise les plus importants travaux de sa vie sur le virus de la mosaïque du tabac. Mais alors que sa carrière est à son apogée, elle décède d'un cancer des ovaires à l'âge de 37 ans, probablement lié à l’exposition aux radiations lors de ses recherches.

 

Jocelyn Bell Burnell, et la découverte du premier pulsar.

Jocelyn Bell Pulsar

 

Jocelyn Bell est née en Irlande en 1943, et commence à s’intéresser très jeune à l’astronomie.

En 1967, Jocelyn Bell, étudiante diplômée à Cambridge, travaille sur une thèse sur les objets étranges dans les galaxies lointaines connues sous le nom de quasars.

Elle et son directeur de thèse, Antony Hewish, ont construit un radiotélescope pour les observer. En analysant chaque jour les enregistrements du télescope, elle remarque quelque chose d'étrange : un signal différent des ondes radio habituellement connues, pulsant à plusieurs reprises.

C’est ainsi qu’elle découvre les pulsars, des étoiles à neutrons qui tournent rapidement et émettent des radiations.

Leur observation est considérée comme l'une des plus grandes découvertes astronomiques du XXe siècle.

Pour cette découverte, son directeur de thèse Antony Hewish recevra le prix Nobel en 1974, ce qui provoque une vive polémique. Certains confrères furent scandalisés, mais Jocelyn n’en tiendra pas rigueur et estimera qu’il n’y a rien d’anormal à ce que ce prix soit reçu par un directeur de thèse et non son étudiant.

Au cours de sa carrière, Jocelyn reçut un grand nombre de récompenses.

Elle fera don de ses prix à l'Institute of Physics du Royaume-Uni, qui financera des bourses d'études supérieures pour étudier la physique.

 

Esther Lederberg et ses travaux en microbiologie

esther-lederberg-microbiologie

 

Née en 1922 dans le Bronx, Esther décide de se consacrer aux sciences et étudie la biochimie. Elle obtient une maîtrise en génétique à l'Université Stanford.

C'est à Stanford qu'elle rencontre son futur mari et géant dans le monde de la génétique microbienne, Joshua Lederberg. Esther le suit à l'Université du Wisconsin pour sa première chaire de professeur.

Elle obtient son doctorat et développe les idées qui allaient changer le paysage de la microbiologie pour toujours.

Les contributions d'Esther Lederberg dans le domaine de la microbiologie ont été extraordinaires, allant de la découverte du phage lambda, le premier virus caractérisé comme lysogène, à la création du Plasmid Reference Center à l'Université de Stanford.

À cette époque aux États-Unis, les hommes dominaient le paysage scientifique et, par conséquent, beaucoup des réalisations d'Esther ont été attribuées à son mari. C’est ainsi qu’il reçut le prix Nobel en 1958 pour leurs recherches communes et leurs découvertes sur l'accouplement des bactéries.

On peut lire dans un communiqué de presse de l’Université de Stanford (Californie, États-Unis), qu’Esther « a fait un travail tout aussi remarquable et a ouvert la voie aux femmes scientifiques à Stanford, et dans la société en général ».

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  • Lucile Hiegel
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