Se faire passer pour un homme : ces femmes qui ont bousculé les codes

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Se faire passer pour un homme : ces femmes qui ont bousculé les codes

Dis maman, pourquoi je ne suis pas un garçon ??

L'égalité des sexes est plus un mythe qu'une réalité. Même aujourd'hui, les femmes doivent être considérées comme des hommes pour être prises au sérieux dans leur vie professionnelle.

Mais qu'en est-il des femmes de l'époque qui ont eu du mal à se faire entendre parce qu'elles étaient des femmes ?

Beaucoup de femmes fortes de l'histoire ont osé se faire passer pour un homme parce que, soyons honnêtes, il n'y avait pas beaucoup d'options pour celles qui souhaitaient vivre pleinement.

Voici donc le récit de femmes décidées à se déguiser en hommes pour arriver à leurs fins et entreprendre ce qu’elles avaient décidé. Et elles ont accompli de grandes choses. Qu'il s'agisse de se travestir temporairement, d'adopter un pseudonyme ou de se faire passer pour un homme pendant une longue période, elles ont toutes atteint leurs objectifs, malgré les risques encourus.

 

Deborah Sampson, « secret soldier »

deborah femme soldat

 

Anciennement enseignante, Déborah décide de se travestir pour devenir Robert Shurtleff et s'enrôler dans les forces patriotes américaines en 1782.

Au cours de son service, elle dirige une expédition d'environ 30 fantassins, capture avec succès 15 hommes, creuse des tranchées, et affronte le feu des canons. Pendant près de deux ans, sa véritable identité n'a pas été détectée jusqu'à ce qu'elle tombe malade et soit transportée à l'hôpital sans connaissance.

En 1783, elle reçoit une libération honorable et fait une tournée comme conférencière. Elle raconte alors son expérience en portant très souvent son uniforme militaire complet.

Deborah Sampson est devenue la seule femme à toucher une pension militaire complète pour avoir combattu pendant la guerre de l'Indépendance américaine.

Après sa mort en 1827, à l'âge de 66 ans, son mari demande au Congrès une pension alimentaire pour époux, qui aurait été accordée à une veuve sans se poser de questions.

Le Congrès a accepté de lui verser cette pension alimentaire parce qu'il n'y a eu "aucun autre exemple semblable d'héroïsme, de fidélité et de courage féminin" comme Déborah. Malheureusement, son mari mourut avant d'avoir perçu l'argent.

 

Les sœurs Brontë – Ecrire sous un pseudonyme

Les soeurs Brontë

 

La romancière anglaise du XIXe siècle et auteure de Jane Eyre a utilisé un nom de plume plus neutre, Currer Bell, lorsqu'elle a publié ses premiers ouvrages, dont celui de Jane Eyre sous le nom masculin.

Les romancières anglaises du XIXème siècle, Charlotte, Emily et Anne, ont décidé d’utiliser un nom de plume neutre pour publier leur roman et recueil commun de poèmes. Respectivement, leur pseudonyme masculin était Currer, Ellis et Acton Bell.

Charlotte écrivit plus tard que le trio avait délibérément choisi des noms "positivement masculins", parce que les femmes écrivains étaient "susceptibles d'être regardées avec préjugés". Les sœurs Brontë voulaient que leur écriture reçoive une critique légitime et juste de la part des lecteurs, même si cela signifiait écrire sous de faux noms.

Après avoir reçu des critiques élogieuses pour leur travail, les sœurs Brontë ont commencé à publier sous leur propre nom. Elles restent parmi les auteurs les plus importants de l'histoire de la littérature anglaise.

 

Elisa Bernerström – Femme soldat

Le dessin-animé Mulan n’est pas seulement une légende… L'histoire d'une femme se déguisant en homme pour se consacrer à un métier « viril » et aller à la guerre est bien réelle.

Elisa Bernerström s'est déguisée en homme pour pouvoir servir comme soldat dans l'armée suédoise pendant la guerre entre la Suède et la Russie en 1808 et 1809. Le mari de Bernerström, un soldat du nom de Bernard Servenius, était en poste à Stockholm, et Bernerström s'est déguisée pour pouvoir rester avec son mari, même si cela signifiait s'engager dans l'armée.

Elisa a finalement été démasquée… mais elle fût félicitée pour son courage au combat.

 

Rena Kanokogi – Pionnière du judo féminin

rena kanokogi pionnière du judo

 

En 1959, Rena Kanokogi n’a eu d’autre choix que de se déguiser en homme pour participer à un tournoi de judo à New York.

Elle s'est coupée les cheveux courts, s'est bandée la poitrine et a gagné son combat. Mais lorsqu'elle s'est présentée pour obtenir sa médaille, l'organisateur du tournoi lui a demandé si elle était une femme. Quand elle a répondu " oui ", elle a été forcée de rendre sa médaille.

Rena a déclaré à propos de cette expérience : "Cela m'a donné le sentiment qu'aucune femme ne devrait avoir à vivre cela à nouveau" Son objectif était que le judo féminin soit considéré comme un sport olympique.

Elle n'a pas abandonné ses rêves de judo. Elle s'est rendue au Japon pour poursuivre sa formation, et elle est devenue la première femme à s'entraîner avec les hommes à l'Institut Kodokan de Tokyo.

Rena a ensuite fondé le premier championnat du monde de judo féminin, qui s'est tenu au Felt Forum du Madison Square Garden.

Considérée comme la mère du judo féminin, Kanokogi est décédée des suites d'un cancer à l'âge de 74 ans en 2009. Un an auparavant, le gouvernement japonais lui décernait l'Ordre du Soleil Levant, la plus haute distinction du Japon pour un étranger.

 

Kathrine Switzer – le marathon de Boston

kathrine switzer au marathon de boston

 

En 1967, Kathrine Switzer décide de s’inscrire au marathon de Boston sous le nom de K. V. Switzer. A ce moment-là, le marathon était interdit aux femmes.

Peu de temps après la participation de Switzer à l'événement, les officiels ont levé l'interdiction faite aux femmes de courir le marathon.

En plus d'entrer dans l'histoir, Kathrine a également établi un record personnel prodigieux puisqu’elle a remporté le marathon de New York en 1974.

 

Saint Marinus – une femme moine

Au VIIIème siècle, Marina décide de se faire passer pour un homme afin d’accompagner son père dans un monastère parce que les femmes n'étaient pas autorisées à y entrer.

Marina a fait bien plus que regarder son père là-bas. Elle est devenue moine elle-même, sous le nom de Marinus.

Après plusieurs années au monastère, Marina voyageait avec son père quand la fille d'un aubergiste prétendit à tort que Marinus l'avait mise enceinte. Mais au lieu de révéler la vérité, Marina a élevé l'enfant elle-même après avoir été expulsée du monastère.

Sa véritable identité est restée secrète jusqu'à sa mort.

 

Sarah Edmonds, infirmière et espionne déguisée

sarah edmonds déguisée en homme

 

Sarah Edmonds s'est déguisée en homme pour rejoindre la guerre civile américaine. Sarah, alias Franklin Thompson, née au Canada, a servi comme membre de l'armée de l'Union en tant qu'infirmier masculin. Elle eut également un rôle d’espion.

Après la fin de la guerre, Edmonds est devenue infirmière dans un hôpital militaire à Washington, où elle n'avait plus besoin de cacher son identité féminine.

 

Jeanne d’Arc – une page de l’histoire de France

Jeanne d'Arc meurt sur le bûcher

 

Jeanne d'Arc ou "La Demoiselle d'Orléans" est considérée comme une héroïne durant ses 19 années de vie, de 1412 à 1431. Née dans une famille de paysans du nord-est de la France, elle croyait que Dieu lui avait donné pour mission de sauver la France de ses ennemis et que Charles VII devait être le roi légitime.

A 16 ans, elle se fait passer pour un homme et traverse Chinon avec son petit groupe de disciples pour convaincre Charles VII qu'elle est une messagère de Dieu. Dieu lui aurait annoncé que Charles VII doit être le souverain de France.

En 1430, alors qu'elle tentait de défendre Compiègne d'un assaut, Jeanne fut jetée de son cheval et retenue prisonnière par les Bourguignons. Elle est alors détenue pour 70 chefs d'accusation, dont celui de s'habiller en homme et de pratiquer la sorcellerie. Après une confession signée, elle est brûlée sur le bûcher l'année suivante.

 

Anna Maria Lane – être une femme dans l’armée ?

plaque en l'honneur d'anna maria lane

 

En 1776, Anna Maria Lane s'enrôle dans l'armée continentale lors de la guerre d’indépendance américaine. Généralement, les femmes se joignaient à l'équipe en tant que cuisinières, infirmières ou assistantes de blanchisserie. Mais jamais comme soldat.

Pourtant Lane voulait se battre aux côtés de son mari, John… elle s'est alors déguisée en homme. De cette façon, elle pourrait servir à New York, au New Jersey, en Pennsylvanie et en Géorgie.

Sa véritable identité serait facilement passée inaperçue, car les soldats du XVIIIe siècle ne se baignaient pas souvent et dormaient dans leur uniforme.

En ce qui concerne les tests pour être enrôler, ils ne sont pas très poussés : il n'y a pas d'examen médical quand on entre dans l'armée à cette époque. Il faut avoir des dents de devant et un pouce et un index opérationnels pour pouvoir attraper une cartouche et réussir à charger son mousquet.

Pendant la bataille de Germantown près de Philadelphie en 1777, Lane fut blessée mais elle survécut. Il semblerait que c’est à ce moment que son identité de femme fut révélée.

Malgré tout, elle réussit à rester aux côtés de son mari tout au long de la guerre et sa bravoure fut récompensée par 100 $ par année à vie en reconnaissance de son service. Elle mourut en juin 1810.

 

Maria Quiteria De Jesus, héroïne de guerre

maria quiteria armée brésilienne

 

En 1822, Maria Quiteria rejoint les troupes de l'armée brésilienne. Elle se coupe les cheveux, enfile des vêtements masculins, et se fait passer pour un homme.

Mais son père, qui avait refusé sa demande d'engagement dans l'armée, finit par découvrir la vérité. Malgré cela, elle n'abandonne pas l'armée. Et plus important encore, elle est soutenue par le major Silva y Castro en raison de son habileté au combat.

D'octobre 1822 à juin 1823, Maria Quiteria tend une embuscade à ses ennemis dans la province de Bahia en les attirant dans un camp voisin où elle se retourne contre eux.

En août 1823, l'empereur Pedro 1er lui accorde le grade de lieutenant, une reconnaissance absolument extraordinaire pour une femme.

En 1953, 100 ans après sa mort, le gouvernement brésilien a accroché un portrait de Maria Quiteria sur le mur de son quartier général militaire à titre d'honneur national.

 

Il ne s’agit là que d’un petit panel de femmes à avoir fait semblant d’être quelqu’un d’autre. De nombreuses autres faits historiques relatent ce même genre de réalité : des femmes bien obligées de se faire passer pour un homme pour arriver à leurs fins.

Au-delà de simples récits, ces femmes nous prouvent définitivement que nous pouvons toutes accomplir ce que l’on souhaite, même dans des circonstances incroyables.

Pourtant, bien qu'il soit formidable que les déguisements masculins les aient aidés à atteindre leurs objectifs, espérons qu'à l'avenir, les femmes pourront être respectées pour ce qu’elles sont, pour leurs compétences propres, sans avoir à se faire passer pour des hommes pour être estimées.

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  • Lucile Hiegel
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